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Citations parallèles

François Grudé, sieur de La Croix du Maine

Antoine du Verdier, sieur de Vauprivas

Cl. Dupuy à G.V. Pinelli, 21 septembre 1585 (éd. A. M. Raugei)

La Bibliotheque de la Croix-du-Maine est pleine d’inepties et sotises, la plus grand’part de ceux qu’il nomme, ne firent jamais livre, et n’en sçauroient faire. En aucuns il recongnoist qu’ils n’ont rien composé, ne mis en lumiere ; mais qu’ils composeroient bien, s’ils vouloient. Et quant aux livres imprimez, ou les noms des auteurs, ou des imprimeurs, ou la marge de l’impression, ou la dacte sont faux. Brief ce n’est chose digne de vous, ne d’estre portee si loing. C’est la cause pour laquelle je ne vous l’ai voulou envoier, jusques a ce que j’eusse autre mandement de vostre part. (p. 327)

Un nommé du Verdier, lequel a faict puis-nagueres imprimer à Lion le supplement de la Bibliotheque de Gesnere, en a aussi faict une Françoise : je ne sçai si elle vaut mieux ; car je ne l’ai encores veue. (p. 327)

Estienne Pasquier,Lettres, Paris, 1586

J’entends que batissez un livre qu’intitulez la Bibliotheque, qui est un catalogue general de toutes sortes d’autheurs qui ont escrit en François, avec un recti de leurs compositions tant imprimees, qu’à imprimer. Œuvre certes laborieux & digne de celuy qui a beaucoup veu & leu. Mais auquel aurez à vous garder de plusieurs embusches de ceux, qui pour ne pouvoir paraventure riens de soy, tascheront de s’avantager en reputation, aux despens, non que la fosse de Pierre Paschal, n’ait produit plusieurs rejettons. Quand je vous diz Pierre Pascal, vous sçavez ce que je veux dire. (p. 276)

Brief si avec ceux qui ont escrit, vous enregistrez les autres qui peuvent, ou qui promettent d’escrire, & ceux qui se pourront vanter avoir de beaux & grands subjets pardevers eux, vous trouverez par vostre livre, qu’il y a aujourd’huy plus d’autheurs vivants par la France, qu’il n’y eut oncques par le passé. Qui seroit une chose du tout inepte & ridicule. C’est pourquoy vous y devez apporter une grande circonspection. Autrement je seray bien empesché de juger si vous leur ferez plus de tort en les inserant dans vostre livre, ou eux à vous. Et crains qu’en leur conscience, ils ne se moquent de vous, ou ne pensent estre moquez par vous. Davantage prenez garde qu’en voulant gratifier à ceux qui ne se meriteront pas, ne faciez tort aux autres qui seront de quelque merite. Il y a autant & plus de faute de conferer aux indignes les offices ou benefices, [p. 280] comme d’en frustrer ceux qui en sont dignes. Je suis seur qu’y apporterez telle prudence que l’on sçauroit desirer de vous. Si le faites, vostre Bibliotheque en sera moins enflee, mais plus solide : & j’aimeray tousjours mieux un homme fort & nerveux, que boursouflé de gresse. Je vous escrits cecy comme à celuy que j’aime, & desire estre honoré. Qui me fait penser que prendrez cest advertissement de bonne part. A Dieu. (p. 279-280)

Cl. Dupuy à G.V. Pinelli, 22 janvier 1588 (éd. A. M. Raugei)

La Bibliotheque de la Croix-du-Maine a esté un peu trop rongnee par le relieur, et ne l’eusse receue comme elle est, s’il y eust eu du temps assez pour en faire relier une autre. (p. 382)

Un nommé du Verdier a fait depuis le Sr. la Croix-du-Maine une Bibliotheque des escrivains Francois imprimee à Lion in f°. laquelle doit estre plus ample, (car elle est fort grosse) et meilleure que l’autre, à ce que je puis entendre. (p. 381)

P.D. Gaillard,Chronologie ou sommaires des temps, Paris, 1610

Le Sieur de La Croix, en sa riche Bibliotheque, nous fournira non seulement d’infinis voulumes qu’il a escrit de l’histoire de France, de la vie des Roys, Roynes & de toutes autres choses qui en dépendent : mais aussi nous donnera le reste des historiographes universels, particuliers & denombrement de toute sorte d’autheurs : comme l’on peut veoir en son discours contenant les noms & tiltres de ses œuvres Latines & Françoises.

Charles Sorel,Bibliotheque françoise, Paris, 1664

Ce qui est bon & utile est toûjours l’objet de beaucoup [f. ã8v] de personnes : Un pareil dessein fut entrepris en France, afin de monstrer les richesses de nostre Langue. Le Sieur de la Croix du Mayne, fit un Livre qu’il appella sa Bibliotheque ; C’estoit un Catalogue general de tous les Autheurs qui avoient écrit en François depuis cinq cens ans & plus, jusques à luy. Cela fut imprimé en l’an 1584. & un an apres Antoine du Verdier, Sieur de Vauprivaz, fit imprimer un Livre d’un semblable projet, aussi intitulé, la Bibliotheque. Il y nomme tous les Autheurs François qui sont venus à sa connoissance, & mesme la pluspart de ceux que le Sieur de la Croix du Mayne avoit nommez ;

En ce qui est de leurs Methodes, la Croix du Maine nomme plus d’Autheurs connus que du Verdier, & rapporte quelque chose de leur Condition & de leur Vie. Du Verdier a cecy de particulier, qu’il tire de longues Pieces de cerrtains Autheurs & quelques paroles bien dites ; En d’autres endroits il ne met que le Titre des Liures, le nom des Autheurs, & celuy des Libraires, auec la datte de l’impression ; & il place en vn lieu à part les Liures qui sont sans nom d’Autheur. (f. ã9)

Ayant fait son Liure dans la Ville de Lyon, il parle de plusieurs Liures qu’on y a imprimez, lesquels ne sont pas fort connus ailleurs ; Et il nomme par auance quelques Ma-[ã9v] nuscirts qui estoient gardez de son temps dans les Cabinets ; Mais on a pû s’informer chez les Curieux des Liures qui auoient déjà esté imprimez dans quelques Villes particulieres, & de ceux qu’on auoit esperance de voir mis au jour.

Scaligeriana, Genevae, apud Petrum Columnesium [i. e.La Haye, Adriaan Vlacq ?], 1666, p. 213.

DuMaine. La Croix du Maine est fou; il avoit une chambre toute pleine de lettres de divers personnages mises dans des armoires,in nidis; j'y allay, & en sortant, Aurat me dit,oscura diligentiacar il ne pronoçoit point le B. Telles gens sont les crocheteurs des hommes doctes, qui nous amassent tout; Cela nous sert beaucoup, il faut qu'il y ait de telles gens.

Verdiersçavoit tous les livres. Il fera une Bibliotheque sans interposer son jugement. Sixtus Senensis a interposé le sien : il y a des semi-docti qui connoissent mieux les livres & les bons que les bien-doctes comme Casaubon. Monsieur Verdier à Lyon avoit une belle Bibliotheque en Italien, François, Espagnol, Grec & Latin.

Claude Blondeau,Les Portraits des hommes illustres de la province du Maine, Le Mans, 1666

François Grudé, Sieur de la Croix du Maine. Du Mans | A éccrit vne Bibliotecque, contenant les Noms de tous les Autheurs François. | Henry 3. (f. ē2)

Charles Sorel,Bibliotheque françoise, seconde édition, Paris, 1667

Quand on voudra avoir un Receuil des Noms de tous les Escrivains François des anciens Siecles, outre ce qui est dans les Livres de Fauchet & de Pasquier, on doit chercher le Livre appellé la Bibliotheque du sieur de la Croix du Mayne, où il met les Noms & les Œuvres de tous les Autheurs de nostre Langue, qui ont écrit depuis cinq cent ans & plus jusques à luy, c’est-à-dire jusqu’à l’an 1584. qu’il fit imprimer son Livre. (p. 265-266)

Il faut voir aussi la Bibliotheque d’Antoine du Verdier, qui nomme tous les Autheurs venus à sa connoissance. (p. 266)

Si on entreprenoit maintenant de tels desseins, il ne se faudroit pas contenter d’un Volume, il en faudroit plus de cent, tant on a éccrit en France depuis soixante ou quatre-vingts ans. Cela se reconnoist en ce que du seul nom & des Titres des Livres qui avoient esté imprimez en l’année 1646. Le Père Jacob fit un gros Volume intitulé Bibliotheca Parisina anno 1646. (p. 266)

Paul Colomiès,Bibliotheque choisie, 1682

Bibliothéque de la Croix du Maine, à Paris 1584. folio.
Cette Bibliothéque, qui se fait rare, est à mon avis plus utile que celle de du Verdier. Celle-ci ne nous indique que le nom des Autheurs & celui de leurs Ouvrages ; au lieu que l’autre nous aprend diverses particularitez de ceux dont elle fait mention. Estienne Pasquier dans une Lettre à M. de la Croix du Mans ou du Maine lui parle de cette Bibliothéque. (p. 73-74)

Menagiana, Paris, 1715

La Croix du Maine, Auteur du Livre intitulé : Bibliothèque Françoise, s’appelloit François Grudé ; & il étoit du Mans fils d’un Bourgeois du Fauxbourg de S. Nicolas. Mais comme il avoit une petite Terre du nom de la Croix dans la Paroisse de Conneray qui est de la Province du Maine, il se fit appeler La Croix du Maine ; & comme il a pris ce nom dans sa Bibliothèque Françoise, qui est le seul livre que nous ayons de lui, quoique si on l’en croit, il en ait fait un nombre, infini d’autres ; peu de personnes savent qu’il avoit nom François Grudé. M. Blondeau Avocat du Mans, m’a dit que ce La Croix du Maine étoit de la Religion Prétenduë reformée. Josephe Scaliger n’en a pas parlé avantageusement dans le Scaligerana.

Adrien Baillet,Jugemens des savans sur les principaux ouvrages des auteurs, Paris, 1722

Celle du sieur de la Croix-du-Maine devient assés rare, & Mr Colomiez a raison de dire (I) qu’elle est plus (2) utile que celle de du Verdier, parce que celui-ci ne nous indique que le nom des Auteurs ; & celui de leurs ouvrages dont il donne des endroits & des fragmens assés ennuyeux & fort inutiles : au lieu que la Croix-du-Maine nous apprend assés souvent diverses particularités de la vie & de la mort de ceux dont il fait mention.

Du Verdier rapporte indifféremment les ouvrages latins & François qui sont venus à sa connoissance ; mais la Croix-du-Maine ne parle que des livres écrits en François parce qu’il avoit dessein de faire une autre Bibliothéque de livres Latins faits par les Auteurs François.

Rigoley de Juvigny, t. I, p. 16 (cite par B. Conconi, 2018, p. 77)

Celle de La Croix du Maine est estimée, parce qu’elle a l’avantage d’être écrite avec précision et qu’on y trouve souvent des particularités curieuses sur la naissance et la mort des Auteurs

Du Verdier s’est plus attaché à les faire connoîstre par leurs Ouvrages, en remplissant sa Bibliothèque d’Estraits, quelquefois trop longs, mais toujours intéressants pour tout Lecteur qui cherche à s’instruire.